Ninh Binh : Bai Dinh Pagoda

Chantier pharaonique, envahi par des milliers de pèlerins, Bai Dinh Pagoda est d’après les guides un des plus grands temples d’Asie. C’est aussi un lieu à visiter pour mieux comprendre la façon de vivre des vietnamiens.

L'entrée du temple Bai Dinh, à proximité de Ninh Binh

Sur le papier, Bai Dinh Pagoda est un superbe ensemble architectural construit sur le flanc de la montagne dans un décor exceptionnel. C’est du moins ce que montrent les photos accrochées sur les murs de l’hôtel Xuan Hoa à Ninh Binh. Ce que les photos ne précisent pas (ni le patron de l’hôtel) c’est que le site est encore en chantier et que l’ensemble ressemble à un vaste chaos. Quoi qu’il en soit, nous avions prévu de visiter l’endroit, si nous en avions le temps.

En réalité, nous avons atterri à Dai Binh un peu par hasard, en cherchant le chemin de Hoa Lu, l’ancienne capitale de la province de Ninh Binh. Pour se rendre à Dai Binh, le chemin est simple, quand on l’a fait une fois : à partir du centre de Ninh Binh, prenez le chemin de Tran An (voir article). Lorsque vous arrivez sur la grande route, au lien de tourner à gauche en direction de Tran An, prenez la petite route de campagne qui démarre juste en face. Après deux ou trois kilomètres, vous tombez sur une autre route à « grande circulation » tournez à droite et suivez cette route ; c’est la route principale pour se rendre à Bai Dinh. A partir de là, vous n’avez plus qu’à suivre le flot des cars et des cyclomoteurs, et les rares panneaux indicateurs (il y en a tout de même quelques uns) pour arriver sur le site.

Notez qu’il existe une autre solution pour se rendre à Bai Dinh, mais nous ne l’avons testée qu’au retour et elle n’a pas l’air beaucoup plus simple que celle que je propose. Seul avantage, elle passe par le site de Hoa Lu. Si vous choisissez cet itinéraire, prenez la nationale en direction de Hanoi et guettez sur le côté gauche un panneau indiquant Hoa Lu (à quelques kilomètres du centre). Suivez cette route et ses détours jusqu’au site de Hoa Lu (10 km ?) que vous découvrirez sur votre droite, puis continuez sur cette même route, jusqu’à son intersection avec la route de Bai Dinh (1 km). Tournez à droite et suivez la foule de bus qui se rend au temple.

Entre Woodstock et la fête de l’Huma

Lorsqu’on y est pas préparé, l’arrivée à Bai Dinh est assez saisissante. On commence par découvrir une concentration de cas, de minibus et de cyclos, comme on a rarement l’occasion d’en voir. L’avenue qui mène au temple est encore en travaux et ressemble à un vaste champs de foire. C’est aussi un gigantesque embouteillage. Heureusement, à moto nous arrivons à nous faufiler jusqu’à l’entrée de l’un des parkings le plus proche du temple. Nous prenons notre ticket de parking et laissons la moto, en nous demandant si nous arriverons à retrouver l’engin à notre retour. En effet, en fait de parking, il s’agit plutôt d’un vaste terrain de caillasses, aplani au bulldozer, sans aucun point de repères ; quelques centaines de motos (un millier ?) y sont stationnées…

Nous poursuivons à pied le chemin vers l’entrée du temple en suivant le flux des visiteurs. Des familles vietnamiennes, essentiellement, qui profitent des vacances du Têt pour faire le pèlerinage. Pour le moment, cela ne ressemble guère aux photos de l’hôtel Xuan Hoa. Avec ses minibus et ses stands de souvenirs et de restauration, l’endroit me fait penser à la fête de l’Huma, l’odeur des merguez en moins.

Finalement, nous pénétrons dans l’enceinte du temple par l’entrée principale et commençons à gravir la montagne sur laquelle s’échelonnent les différents bâtiments. Au milieu de cette foule chargée d’offrandes, les ouvriers poursuivent leur travail tan bien que mal. Si certaines parties du temple sont achevées, d’autres sont encore en construction. Dans les galeries latérales, des milliers d’alvéoles vides attendent autant de statues de Bouddha.

Une vue imprenable

Le gand bassin situé dans la partie supérieure du temple Bai Dinh

C’est en accédant aux plateformes supérieures du temple que l’on découvre réellement l’étendue du site et le décor environnant. A l’horizon se découpent la ligne de crête des montagnes, et même s’il ne s’agit que de petits pains de sucres de quelques centaines de mètres de hauteur, on s’imagine facilement dans les hauts sommets de l’Himalaya. Un peu partout des photographes vous proposent un portrait souvenir qu’ils tirent sur place à l’aide de petites imprimantes alimentées par une batterie de moto.

Retour au parking

Au sommet de la montagne, un Bouddha géant domine le site. Nous n’irons pas jusque là. Nous redescendons lentement vers l’entrée en suivant l’une des galeries latérales, ponctuées tous les deux mètres d’une statue de Bouddha dans différentes postures. Entre les mains de certaines statues, des billets de 500 ou 1000 Dong laissés en offrande par les visiteurs.

De retour au parking, à ma grande surprise nous retrouvons facilement la moto et nous reprenons la route en sens inverse. Cinq cents mètres avant de tourner à gauche pour reprendre notre petit chemin de traverse, nous découvrons sur notre gauche un panneau indiquant Hoa Lu, le site que nous avons cherché en vain.

Les galériennes de Tran An

Avec son parcours de 3 heures et la traversé de nombreuses grottes, Tran An propose une autre excursion en barque, encore différente de celle de Tam Coc ou de Van Long.

Tran An : un petit temple, les pieds dans l'eau

Même avec un plan détaillé et les explications du patron de l’hôtel Xuan Hoa, le site de Tran An n’est pas facile à trouver. Il suffirait pourtant d’un panneau indicateur bien placé… C’est donc un peu par hasard que nous avons déniché le site, en cherchant à nous rendre à Hoa Lu.

Pour vous rendre à Tran An, partez de la poste centrale (VNPT) situé sur la Nationale 1 et remontez l’avenue en direction de Hanoi. Au troisième feu, tournez à gauche. La rue s’enfonce dans les faubourgs de Ninh Binh, puis devient une simple route de campagne. Suivez cette petite route et ses détours sur une petite dizaine de kilomètres jusqu’à croiser une route beaucoup plus importante. Tournez à gauche et roulez encore 2 ou 3 km sur cette nouvelle route, jusqu’à découvrir sur votre gauche, un bâtiment dans le style pagode chinoise, et les innombrables cars de touristes garés à proximité.

Des grottes qui traversent la montagne

A Tran An, le billet coute 80.000 VND, plus cher qu’à Tam Coc ou Van Long, mais la balade les vaut largement. En effet, à la force du poignet, les rameuses (ou rameurs) vous emmènent dans un périple de plus de trois heures entre les pains de sucre, ponctué de quelques escales pour visiter des temples batis en bordure de la rivière. Et surtout, c’est l’occasion de découvrir ces grottes naturelles qui traversent la montagne de part en part et relient deux bras de la rivière. Les barques s’y faufilent, guidées par un éclairage électrique sommaire, et la traversé de certaines de ces grottes peut prendre plus de dix minutes, mieux vaut donc ne pas être trop claustrophobe.

Les barques se faufilent dans l'une des nombreuses grottes de Tran An

Tam Coc, Van Long ou Tang An ?

De retour à l’hôtel, un touriste fraîchement débarqué à Ninh Binh, nous a demandé quel site visiter en priorité sachant qu’il ne disposait que de deux jours. Pas facile de répondre tant les trois sites sont différents. Si vous voulez découvrir un haut lieu du tourisme vietnamien avec tout le folklore qui va avec, allez à Tam Coc. Si vous préférez une belle balade au fil de l’eau et la découverte des grottes naturelles, rendez-vous à Tran An. Enfin, si vous appréciez le calme des marais rendez-vous à Van Long.

Balade au fil de l’eau : Van Long

Après la visite de Tam Coc, et pas encore saturés de promenades en barque, nous récidivons le lendemain avec Van Long. Un autre site, moins touristique, mais pas désagréable non plus.

L'embarcadère de Van Long et ses barques de bambous

Pour aller à Van Long, le plus simple est encore de louer une moto. Mais ensuite, il faut choisir son itinéraire. Le premier très simple passe par la nationale, le second plus compliqué fait un détour par Keng Ga (un village flottant dont nous aurons l’occasion de reparler), et c’est naturellement ce dernier que nous avions choisi.

Les panneaux indicateurs étant d’une manière générale plutôt rares au Vietnam, je vous conseille de prendre le chemin le plus simple : rejoignez la route nationale qui traverse le centre ville, et prenez-la en direction de Hanoi. A environs 10 km du centre de Ninh Binh, la nationale traverse un pont. Continuez encore 500 m après ce pont jusqu’à un carrfour important. Là, tournez à gauche, roulez pendant 7 km jusqu’à rencontrer un panneau indiquant Van Long Resort. Tournez à droite et continuez cette petite route sur environ 2 km. La route butte sur une espèce de digue de terre derrière laquelle se découpe un décor de pains de sucre. Vous êtes arrivé.

Arrivant de Keng Ga, nous avons découvert le même décor, et ce n’est qu’une fois sur la digue que nous avons compris que nous étions bien arrivé à Van Long. En effet, en contrebas de cette digue, des dizaines de barque de bambou, ainsi que quelques rameuses attendaient le client, plutôt rare en ce début d’après midi bouché. Rien à voir donc avec la foule de Tam Coc. Ici aucune construction en dur, mais les inévitables étals des marchands de souvenir qui bordaient la route.

Après avoir acheté nos billets (45.000 VND, par personne) et abandonné la moto et les casques à côté de la billeterie, nous embarquons sur l’esquif de bambou, et cette fois, c’est une rameuse qui rame, ou qui pousse sa perche lorsque le fond est insuffisant. A Van long, le paysage est très différent : de grandes étendues d’eau parsemées de massif de roseaux et plantées des inévitables pains de sucre, véritable signature de la région de Ninh Binh. Une balade de deux heures, sans un bruit, hormis les couinements et les craquements  de la barque.

Balade en barque à Van Long

Notre rameuse guide ne parlant pas l’anglais (pas plus que le français) elle tentera tout de même de nous montrer quelques singes, mais le temps de comprendre de quoi il s’agissait et de savoir ou regarder, les singes avaient disparu. Si vous êtes amateur de beaux payages et de photos, et avez la chance d’avoir du beau temps, allez faire un tour à Van Long vers quatre heures de l’après-midi. Vous ne serez pas déçu.

Balade au fil de l’eau : Tam Coc

Pour découvrir les paysages de Ninh Binh, rien ne vaut une promenade en barque au milieu des rizières : dans un rayon de 15 km autour de la ville, pas moins de trois sites, qui sont des hauts lieux du tourisme vietnamien, proposent ce genre de balades. Parmi ceux-ci, nous avons choisi Tam Coc pour notre première sortie.

Les rameurs attendent leurs passagers à l'embarcadère de Tam Coc

A l’hôtel Xuan Hoa on loue des motos (6 $ par jour) ainsi que des vélos (2 $ par jour), et dès le lendemain de notre arrivée, le patron de l’hôtel, en bon commercial, tente de nous convaincre de louer une moto pour la journée, en nous proposant un circuit maison griffoné sur une carte approximative. (Il est impossible de trouver une carte sur place, et j’ignore même s’il existe une carte détaillée de la région. Essayez d’en dénicher une avant de vous envoler pour le Vietnam.)

Balade dans les rizières

Le temps étant frais (12 °) et bouché, nous optons pour le site le plus proche, c’est-à-dire, Tam Coc, situé à une dizaine de km de Ninh Binh. C’est sans doute le plus facile d’accès : pour vous y rendre, vous prenez la nationale en direction de Saigon. Vous comptez quatre ou cinq kilomètres à partir de la sortie de la ville, et vous découvrirez alors sur votre droite l’entrée d’une route marquée par deux colonnes sculptées. Vous continuez cette route sur 4 km jusqu’à l’entrée d’une petite agglomération, où  vous trouverez un guichet. C’est la que vous acheterez vos billets : 1 ticket à 30.000 VND pour entrer sur le site, un ticket à 60.000 VND pour la promenade en bateau.

Munis de billets, nous reprenons la moto pour entrer sur le site : deux cent mètres d’une rue bordée de cafés, de restaurants et magasins de souvenirs qui mène à un bassin circulaire où attendent des dizaines de barques avec leur rameur ou rameuse. Nous parquons la moto à proximité d’un café (1000 VND) et montons sur une barque à fond plat, en compagnie d’un rameur et d’une jeune vietnamienne qui tentera durant la promenade de nous vendre quelques produits de l’artisanat local. En fait, elle ne déballera même pas sa marchandise ; comprenant à mi parcours que nous n’avions pas le bon profil, elle changera de barque.

Une sortie familiale

Après quelques centaines de mètres dans un canal artificiel, notre embarcation rejoint la rivière qui serpente entre les rizières, bordée de chaque côté  par des chapelets de pains de sucre. Une heure durant, notre rameur rame, traversant une série de grottes de quelques dizaines de mètres de long, avant d’arriver à l’extrémité du parcours. Là quelques bateaux ravitailleurs tenteront de nous vendre quelques rafraîchissemets, sans succès. Et nous repartons en sens inverse, croisant d’innombrables barques de familles vietnamiennes qui profitent des fêtes du Têt pour venir en excursion.

Sortie familiale en barque sur la rivière de Tam Coc

Une nouvelle heure plus tard, nous sommes de retour à l’embarcadère, et notre rameur qui n’a pas ouvert la bouche de tout le voyage, nous réclame un pourboire. Qu’il n’obtiendra pas.

Ninh Binh : Xuan Hoa Hotel

A 95 km au sud de Hanoi, traversé par la N1 qui relie le nord au sud, Ninh Binh cache bien son jeu. Il suffit en effet de faire quelques kilomètres à l’intérieur des terres pour découvrir un paysage de rizières qui vaut plus que le détour.

La gare de Ninh Binh

Après avoir quitté Dong Hoi par le train de 10 h 30 qui avait comme d’habitude une heure de retard, nous sommes arrivés six heures plus tard à Ninh Binh, à la nuit tombée. En ce jour de nouvel an lunaire, les taxis étaient plutôt rares et nous avons commencé à trainer nos valises dans la direction supposée de l’hôtel. Le temps qu’un taxi de passage nous repère et nous emmène au Xuan Hoa Hotel.

Xuan Hoa Hotel fait partie des quelques hôtels listés dans les guides de voyage et c’est celui que nous avions choisi. Un peu par hasard d’ailleurs, mais le lendemain, après avoir visité quelques autres hôtels proposant des chambres à moins de 15 $, nous avons réalisé que nous avions sans doute fait le bon choix : pour 12 $, une chambre avec balcon donnant sur un étang. En fait d’étang, il s’agissait plutôt d’un trou, rempli d’eau stagnante que les gens du crus appellent le « lac ».

A notre arrivée, le propriétaire, en costume noir et cravate, nous offre un petit verre d’alcool de riz pour nous réchauffer. Si j’écrivais pour certains guides de voyage, je dirais : « à l’arrivée à l’hôtel, le propriétaire en smoking vous accueille avec un verre d’alcool de riz… ». En fait, il s’agissait du jour du nouvel an, et il fallait marquer le coup. Le lendemain, le même propriétaire avait troqué son costume pour une tenue moins élégante, et nous indiquait les différents sites à voir aux alentours.

Les restaurants sont rares à Ninh Binh, et durant les fêtes du Têt, la majorité d’entre eux est fermé. Du coup, et surtout lorsque dehors la température frôle les 10 °, on est heureux de pouvoir profiter du restaurant de l’hôtel, pour le petit déjeuner, et les autres repas. La cuisine est correcte, avec des plats variants de 30.000 à 50.000 VND, mais le choix est limité. Autant dire qu’après une semaine, on rêve réellement de manger autre chose que des Spring rolls et des légumes sautés.

La salle de restaurant dispose du Wi-Fi et de quelques ordinateurs, une connexion Wi-Fi est également disponibles dans les chambres les plus chères. Mais surtout vous trouverez des panneaux présentant les différent sites de la régions, ce qui donne un bon aperçu des « choses à voir » et de leur localisation.

Xuan Hoa Hôtel
31 Mink Khal Street – Ninh Binh
Tel : 0303 880 970

Dong Hoi : tentative de réhabilitation

A la lumière du jour et après une bonne nuit de sommeil, Dong Hoi se révèle moins déserte que la veille, mais guère plus accueillante. Et malgré mes efforts, je cherche encore une bonne raison qui pourrait inciter le lecteur à y passer plus d’une soirée.

Les vendeurs de bananes-figues sur le marché de Dong Hoi

Sous le soleil du matin, nous découvrons le décor depuis le balcon de l’hôtel, la rivière aux eaux grises sur laquelle se balancent deux embarcations fatiguées. A l’arrière-plan, le pont sur lequel passe la RN1 qui relie Hanoi à Saigon. La route qui traverse la ville draîne une grosse partie du traffic routier, et c’est un concert perpétuel de klaxons qui constitue le fond sonore. Plus loin, on devine le bord de mer que l’on imagine avec ses hôtels et ses restaurants.

Un prix pour touriste

Il ne nous faudra pas plus d’une journée pour réaliser que Dong Hoi n’a rien pour attirer le touriste. Et pire, que les touristes ne sont pas particulièrement bienvenus à moins qu’ils ne dépensent beaucoup de Dollars. A l’heure du déjeuner, lassés de manger des nouilles au bœuf depuis la veille, nous partons à la recherche d’un petit restaurant. Premier arrêt dans une « cantine » du quartier, on nous propose du riz au poulet pour 100.000 VND : c’est un prix pour touriste naturellement, l’autochtone paiera lui, 25.000 VND. Un peu plus loin, une autre cantine, nous propose le même prix pour du riz au bœuf. Nous repartons. Nous trouverons finalement, sur le bord de la rivière, à deux pas du marché, une petite gargotte au toit de tôle ondulée, où nous mangerons pour 40.000 VND.

Ceux qui connaissent le cours de la devise vietnamienne (1 € = 26.000 Dong) s’étonneront sans doute de notre réaction. En effet, même en payant le prix fort, le repas ne nous aurait coûté que 4 €. Mais ce n’est pas la question du prix, mais plutôt l’attitude systématique des commerçants qui nous a dérangé. Un peu plus tard, dans l’après midi, nous nous sommes arrêtés dans une boulangerie et nous avons aussi eu droit au prix « touriste » pour deux gateaux, soit 10.000 VND pièce, pour des gâteaux que partout ailleurs nous avons payés 5000 VND.

Du côté du marché

En cherchant bien, on trouvera toujours quelques attraits à celle ville, comme le marché. C’est un des seuls endroits, où les commerçants nous ont fait payer le prix « normal ». Et pourtant, on ne peut pas dire que ce soient les plus riches. Si vous passez par là avant le Nouvel An, offrez-vous un bon kilo de bananes figues, et allez les déguster en flânant le long de la rivière où sont amarrés les bateaux de pêche.

Dong Hoi : l’erreur de casting

Dans tous voyages, même préparés, il y a des ratés. Pour nous ce sera Dong Hoi, à la veille du Nouvel An asiatique.

Vue sur la rivère depuis une chambre de l'hôtel Hoang Linh

Après une semaine passé à Hue, il était temps de reprendre la route vers Hanoi. Sachant que la fête du Nouvel An se profilait à l’horizon, nous voulions atteindre notre prochaine étape avant que les trains ne deviennent impraticables comme c’est le cas durant cette période.
Où aller ? En regardant la carte du Vietnam, j’avais déjà repéré Dong Hoi : petite ville en bord de mer, à l’embouchure d’une rivière. Sur le papier l’endroit semblait parfait. Quelques informations glanées à droite et à gauche m’ont confirmé dans ce choix. Dong Hoi était une charmante petite ville, pas trop touristique, mais suffisamment pour proposer quelques hôtels. Bref, l’endroit parfait pour passer le nouvel an loin de la cohue des grandes villes.

Un train bondé

A une semaine du Nouvel An, la plupart des trains vers le Nord affichait déjà complet. Nous avons tout de même réussi à trouver deux places en couchettes dures. C’est à dire, deux places dans un compartiment de six qui était déjà occupé par 8 personnes à notre arrivée dans le train. Mais cela n’a rien d’inhabituel.
Des gens partout, dans les couloirs assis sur de petits tabourets en plastique rouges et bleus, à l’entrée des wagons, installés par terre sur des nattes en bambou, et même entre les wagons. Et dans cette foule, les chariots des vendeurs ambulants qui essayaient de se frayer un chemin d’un bout à l’autre du train.

Hoang Linh Hotel

Partis avec une bonne heure de retard de Hue, le train n’a pas rattrapé son retard, et c’est vers 19 h que nous sommes arrivés à Dong Hoi. Et vingt minutes plus tard, un taxi nous déposait devant l’hôtel Hoang Linh, dans un quartier désert en bordure de la rivière.
L’hôtel en question n’avait pas dû voir un touriste occidental depuis bien longtemps, mais la fille de la réception nous a proposé dans un anglais hésitant une chambre VIP, la seule chambre libre. Pour 300.000 VND, renégocié à 260.000, nous n’avons guère le choix et nous acceptons la chambre après nous être assurés que le Wi-Fi fonctionne.

Les folles nuits de Dong Hoi

A sept heures et demie du soir, dans une petite ville de province, et à quelques jours du Nouvel An, il ne vaut mieux pas trainer, si l’on souhaite trouver un restaurant ouvert. Nous partons donc rapidement à la découverte du quartier qui se révèle un peu moins désert qu’au premier abord. Dans une rue toute proche, une dizaine d’enseignes lumineuses nous font de l’œil. Mais l’on comprendra rapidement qu’il s’agit de pensions de famille qui ne font pas restaurants.
Poussant un peu plus loin notre investigation, nous découvrons un boulevard plus animé et quelques cantines servant l’incontournable Pho Bo (la soupe de nouilles au bœuf). Ce sera notre menu du soir.

Hôtel Hoang Linh :
Duong Mac Dinh Chi
Dong Hoi -
hoanglinh_hotel@yahoo.com.vn

Cai Rang : le marché flottant

A cinq kilomètres en aval de Can Tho se trouve Cai Rang, l’un des plus beaux marchés flottants de la région. Pour réellement en profiter, il faut se lever tôt, et surtout, y aller en bateau.

Le marché flottant de Cai Rang - Province de Can Tho

Le jour de notre arrivée à Can Tho, nous dénichons une carte des environs, gracieusement offerte par l’office de tourisme situé non loin de l’hôtel sur le boulevard Nguyen An Ninh. Sur le papier, tout est simple, il suffit de suivre l’avenue sur cinq kilomètres pour arriver à Cai Rang. Nous louerons donc une moto pour nous rendre sur place, puis nous aviserons.

A moto

Le lendemain, levés tôt, nous partons en direction de Cai Rang sur une moto louée à l’hôtel (10 $ pour la journée). Avec la circulation, il nous faut un quart d’heure pour nous rendre à Cai Rang. A l’entrée de la ville, la route passe sur un pont qui enjambe le fleuve. Nous parquons la moto à côté du marché situé à l’entrée du pont, et partons en repérage à pied. Il est déjà 7 h 30.

Depuis le pont, nous découvrons à quelques centaines de mètres en aval, le marché flottant : une concentration de bateaux de toutes tailles, agglutinés les uns aux autres. Trop loin pour faire des photos. Depuis la rive, nous devrions pouvoir approcher de l’endroit. Une fois le pont traversé, nous tournons à droite pour nous enfoncer dans une ruelle qui longe le fleuve. Les maisons sont collées les unes aux autres, ménageant parfois un passage pour atteindre la rive. Mais les points de vue sont limités. Il faut vraiment être sur l’eau pour profiter du spectacle.

Après cette première tentative infructueuse, nous rebroussons chemin. Pour notre prochaine expédition, il faudra trouver un bateau et surtout partir beaucoup plus tôt. En effet, à 8 heures du matin, la densité de bateaux commence déjà à se réduire sérieusement.

En bateau

A force de flâner aux alentours du vieux marché, et de marchander avec les rabatteurs et les pilotes de bateaux pour touristes, nous finissons par dégotter notre homme. Il pilote un bateau d’une dizaine de places et propose de nous emmener à Cai Rang pour 200.000 VND. Rendez-vous est pris pour le lendemain à 6 heures du matin.

Le lendemain nous retrouvons le capitaine Dung qui nous attend devant son bateau. A ma grande surprise, nous sommes les seuls passagers et nous levons l’ancre immédiatement en direction de Cai Rang. Le jour commence à peine à se lever et le capitaine Dung pilote sa barque dans la pénombre du fleuve où le traffic est déjà dense.

Après une demie-heure de navigation, nous arrivons en vue du pont de Cai Rang que nous dépassons et nous découvrons le véritable marché flottant : une concentration de bateaux de toutes tailles à proximité de la rive gauche du fleuve. De simples barques pilotées par des femmes perchées debout au dessus de leurs rames, des barques à moteur, et de plus gros bateaux, chargés à ras-bord de bananes, d’ananas, de choux…

Le marché flottant de Cai Rang - Province de Can Tho

Au milieu de ce gigantesque embouteillage, notre pilote à coupé le moteur et continue à la godille, se frayant un passage entre les bateaux des acheteurs et ceux des vendeurs. Ces derniers ont accroché au bout d’un mat un échantillon des fruits et des légumes qu’ils vendent.

Plu loin, nous nous faisons aborder par une barque de ravitaillement qui sillonne le marché, en proposant, café, thé, sandwich ou soupe de nouilles. Arrivés à l’extrémité du marché, notre pilote relance le moteur et remonte le fleuve pour faire un deuxième passage. Après une heure et demi à parcourir le marché en long et en large et à prendre quelques centaines de photos, nous prenons le chemin du retour, avec un petit crochet par l’un des nombreux canaux qui s‘enfoncent dans la campagne. Nous croisons alors les premiers bateaux de touristes qui arrivent de Can Tho. Trop tard, puisque le marché commence déjà à se désagréger.

Un hôtel à Can Tho : Xun Mai 17

Arrivés à Can Tho sans réservation d’hôtels, nous avons déniché par hasard l’hôtel Xun Mai 17, une adresse à retenir pour la taille des chambres et la localsation.

Hôtel Xun Mai 17 à Can Tho

Arrivé par le car vers trois heures de l’après-midi, nous prenons un taxi pour nous rendre au Xun Mai 11, un hôtel que nous avions repéré dans le LonelyPlanet. Confusion entre les noms ou erreur volontaire ? Le chauffeur nous dépose devant le Xun Mai 17, un hôtel rénové récemment sur l’avenue Nguyen An Ninh. Pourquoi pas ? Comparées à celles des hôtels de Saigon, les chambres sont immenses et dotées du Wi-Fi. Mais à 15 $, c’est un peu cher pour cette ville de province. Nous prenons tout de même la chambre pour la nuit, décidé à profiter du restant de l’après midi pour découvrir la ville et trouver un hôtel meilleur marché.

Après la cohue de Saigon, Can Tho semble bien calme. Mais il suffit de se promener à pied dans le centre de la ville pour se convaincre du contraire. Un centre d’ailleurs qui n’est pas bien grand ; en forme de triangle, il est délimité au sud par l’avenue Nguyen An Ninh, à l’est par le fleuve et son troisième côté est formé par l’avenue Hoa Binh.

Les berges du fleuve

Nos premiers pas nous entraînent le long de l’avenue Nguyen An Ninh vers le bord du fleuve, où nous découvrons l’ancien marché reconverti en marché d’artisanat et boutiques de souvenirs pour touristes. On y trouve des laques, des objets en bambous, et des tee-shirts comme à Saigon, mais aussi quelques vêtements de bonne qualité qui sont vendus à des prix raisonnables (après l’inévitable marchandage).

Les rameuses de Can Tho proposent de traverser le fleuve pour quelque milliers de Dong

Autour de l’ancien marché, les berges ont été réaménagées en promenade, et c’est là que nous croisons les premiers rabatteurs qui nous proposent une promenade en bateau sur le fleuve. Sur le fleuve lui-même, des jeunes femmes en barque nous hèlent pour nous proposer une traversé du fleuve. Si vous préférez un bateau plus rassurant, vous choisirez le petit ferry dont l’embarcadère est situé à l’extrémité sud de la promenade. Pour 1000 VND, vous pourrez vous offrir 5 minutes d’une mini-croisière.

Le quartier toursitique

Les abords du vieux marché et la rue qui longe la promenade, constituent le cœur du quartier touristique, la plupart des restaurants pour touristes y est concentré. Les hôtels, eux, sont regroupés à l’extrémité de l’avenue Nguyen An Ninh, côté fleuve. Nous en visitons quelques uns au retour de notre promenade, et dénichons finalement, une chambr double avec wi-fi et balcon pour 12 $. Ce serait le prix idéal pour la chambre de l’hôtel Xun Mai. Revenu à l’hôtel, nous négocions le prix de la chambre pour un séjour d’une semaine, et finalement nous obtenons ce que nous souhaitions : 12 $ pour une grande chambre avec bureau et wi-fi.

Hôtel Xun Mai 17
94 Nguyen An Ninh
Can Tho

Vers le delta du Mekong

Pour visiter le delta du Mékong, on peut choisir un tour guidé de deux jours, partir à l’aventure en moto ou en voiture de location, ou bien voyager en bus, en compagnie des autochtones.

A Saigon, la plupart des agences de voyages de Pham Ngu Lao vendent des excursions d’un ou deux jours dans le delta du Mékong, avec visite d’un marché flottant. Sachant qu’il il y a à peu près quatre heures de route pour rejoindre les premières villes du delta, il vaut mieux choisir l’excursion de deux jours. Mais si vous disposez d’un peu plus temps, le mieux encore est d’organiser votre propre périple, et c’est ce que nous avons choisi de faire.

Quelle destination choisir ?

Les villes les plus proches du delta sont My Tho, Vinh Long et Can Tho. Nous choisirons cette dernière pour sa proximité avec les marchés flottants les plus réputés.

Acheter un billet de car

Le train n’allant pas plus loin que Saigon, pour descendre dans le delta il n’y a que la route, et donc le car, ou bien la voiture ou la moto de location. La solution la plus commode est encore celle du car, mais elle ressemble un peu à un voyage au long cours.

Première étape, acheter son billet ; si toutes les agences de voyages proposent des excursions dans le delta, toutes ne vendent pas des billets de car. Et celles qui le font, les vendent à des prix divers variant entre 6 et 15 $. En fait, différentes compagnies de bus assurent le trajet dans des conditions de confort variables, mais la durée du voyage est identique : environs 5 heures pour 180 Km !

Après avoir comparé les prix et les conditions de transport de différentes agences de voyages, nous achèterons nos billets de bus dans une petite agence située au 219 Pham Ngu Lao : 90. 000 VND l’aller simple pour Can Tho, départ le lendemain matin à 9 heures ; arrivée prévue vers 14 h 30.

Le lendemain, à l’heure dite, un minibus vient nous prendre devant l’agence de voyage et nous emmène à la gare routière de Saigon. Là où, à condition de parler vietnamien, on peut prendre un bus pour n’importe quelle destination

Cinq heures pour 180 Km

Les cars embarquent sur le ferry pour 15 minutes de traversé

Les routes vers le delta ne sont pas excellentes, de plus elles sont toujours encombrées d’une multitude de scooters, motos, camions, camionnettes, et vélos. Du coup, la vitesse dépasse rarement les 60 kilomètres/heure, et il nous faudra plus de cinq heures pour rejoindre Can Tho. Cinq heures, dont 30 minutes de pause pour le déjeuner, dans un « relais routier » installé en bordure de la nationale, et une heure pour la traversée en ferry d’un bras du Mékong, avant l’arrivée à Can Tho.

Saigon – Can Tho en bateau

J’avais lu dans certains guides qu’il existait un bateau faisant la liaison entre Saigon et Can Tho. Cette liaison n’existe plus (décembre 2009). Si vous allez vous promener le long du fleuve, à l’est de Ben Thanh Market, vous découvrirez l’embarcadère d’où partent les vedettes rapides à destination des plages de Vung Tau, et à côté, celui d’où partaient les bateaux pour Can Tho. Le guichet existe encore et aucune inscription n’indique que le service est suspendu. Mais le bureau de Tourisme de Saigon nous a confirmé que la liaison n’existait plus.